co64_walter Archives à partir du 09/2009

Walter, retour en résistance


co64_walterUn documentaire de Gilles Perret

Programmé du 20 au 26 janvier 2010

Avec Walter Bassan, John Berger (II), Stéphane Hessel
France, 2009, 1h26

co64_walterUn film de Gilles Perret

Avec Walter Bassan, John Berger (II), Stéphane Hessel
France, 2009, 1h26

 

 

Programmé du 20 au 26 janvier

 

 

{tab=Synopsis}

Le nom de « Walter » et le mot « résistance », Gilles Perret les a toujours associés. Avant même de savoir ce que cela signifiait, Gilles savait que son voisin Walter avait été déporté dans un camp de concentration du nom de Dachau …

Aujourd’hui Walter Bassan a 82 ans. Il vit avec sa femme en Haute-savoie, et mène une vie pour le moins active. D’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre, Walter continue son long combat, fait de petites batailles, contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions. De même que lorsqu’il avait 18 ans, et qu’il « jouait » comme il dit, à distribuer des tracts anti-fascistes dans les rues commerçantes d’Annecy alors occupée, Walter agit en écoutant son coeur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.

Partageant ces mêmes « raisons du coeur », Gilles Perret réalise ici un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à poser les questions qui fâchent…

Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité, l’importance, et la nécessité, d’une résistance au quotidien.

{tab=Intervenants}

André ROSEVEGUE, coordonnateur des rencontres « La classe ouvrière, c’est pas du cinéma ».

Jean-Marie TIXIER, Maître de conférences Bordeaux 4, président du Cinéma Le Jean Eustache de Pessac.

Jean-Paul SALLES, universitaire, historien, spécialiste de l’histoire sociale et politique du XXème siècle.

{tab=Séances}

Cinéma Jean Eustache – PESSAC merc 20 janv à 19h Avec André Rosevegue et JM Tixier
Cinéma Rex – LA REOLE jeu 21 janv à 20h30 Présentation-débat
Cinéma Vog – BAZAS vend 22 janv à 21h Avec Jean-Paul SALLES
Cinéma Max Linder – CREON sam 23 janv à 17h Avec Jean-Paul SALLES
Espace Cult. G. Brassens – LEOGNAN sam 23 janv à 20h30 Avec Jean-Paul SALLES
Cinéma La Brèche – STE-FOY mar 26 janv à 20h30 Avec André Rosevegue et JM Tixier

{tab=Bande Annonce}

 

{tab=Photos}

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{tab=Infos complémentaires}

Interview du réalisateur, Gilles Perret

G. P. « Je connais Walter depuis que j’ai une dizaine d’années puisqu’il habite la même commune que moi et que mon père travaillait à côté de chez lui.Je connaissais son passé de résistant sans savoir vraiment ce qu’il signifiait. En grandissant,j’ai mieux compris. J’ai eu envie de faire le film avec lui parce que je suis toujours impressionné par sa droiture et son obstination à témoigner inlassablement. Rencontrer un homme qui a eu des convictions politiques qui lui ont d’ailleurs coûté cher dans les années quarante et le retrouver 65 ans plus tard avec les mêmes convictions, c’est plutôt rare en ce moment…et plutôt rassurant aussi. »

> « Comme le souligne Walter, les acquis du Conseil National de la Résistance (retraites par répartition,sécurité sociale,liberté de la presse…) sont battus en brèche depuis plusieurs années par les décisions des gouvernements successifs sans que l’histoire de ces acquis soit rappelée ? Comment l’expliquez-vous ? »
G. P. « Cela reste un grand mystère pour moi. J’ai pu me rendre compte au cours de la tournée d’avant-première du niveau de méconnaissance des spectateurs quant à la provenance de ces acquis. Rares sont ceux qui savent qu’ils proviennent de la résistance. Plus généralement, il semblerait que pendant bien longtemps, sous différents prétextes, il était plutôt conseillé de ne pas

rappeler que ces acquis du CNR étaient dus principalement à l’influence des communistes ou des forces progressistes. »

> « Alors que dans Ma Mondialisation, portrait d’un petit entrepreneur face à la mondialisation, vous adoptiez un ton relativement distancié et pince-sans-rire, avec Walter, retour en Résistance, vous semblez beaucoup plus offensif et engagé. D’où vient ce changement ? »
G. P. « Je crois que cela vient du fait que le sujet est plus personnel puisque ma relation avec Walter est aussi forte, qu’ancienne. Lorsqu’on fait un film avec lui, il est difficile des rester apolitique et distancié. Et puis je pense qu’aujourd’hui, nous n’avons plus le droit de se taire face à certaines dérives gouvernementales. La période me parait grave. La population est de moins en moins cultivée politiquement, et les techniques démagogiques et populistes ont de plus en plus d’emprise sur elle. On assiste à une régression sociale, une diminution des libertés, un accroissement des inégalités, une récupération des symboles historiques, le tout bien emballé par une communication politicienne omniprésente, orchestrée de façon habile par notre Président de la République. Je crois que notre rôle de documentariste est de montrer et de dénoncer la supercherie. »

> « Alors que des anciens déportés comme Maurice Rajfus n’hésitent pas à comparer les techniques de rafle du Vel d’Hiv à celle de Calais aujourd’hui ou que des résistants comme Raymond Aubrac trouvent une continuité dans les pratiques de résistances d’hier et d’aujourd’hui, que répondez-vous à vos détracteurs qui vous accusent de pratiquer l’amalgame ? »
G. P. « Ceux qui parlent d’amalgame voudraient faire croire que le film consiste à comparer le nazisme et le sarkozysme. Évidemment, il n’en est rien. Les comparaisons se font sur le champ politique uniquement. Rappelons que Walter a été déporté pour des raisons politiques, que le programme du CNR est un programme politique et que l’action que mène aujourd’hui le Président de la République est une action politique. Sur ce champ-là, nous avons le droit de faire des comparaisons et de poser des questions. C’est sûr que les réponses ne sont pas favorables à ceux qui parlent d’amalgame et qui préféreraient que l’histoire de la résistance soit plongée dans du formol.»

> « Alors que la plupart des protagonistes du film (Walter Bassan, John Berger, Stéphane Hessel ) ont entre 80 et 95 ans, pensezvous que la relève existe pour défendre pied à pied les acquis du CNR ? »
G.P. « Souvent les gens ont peur de manquer de légitimité pour le faire mais lorsque ce sont des gens comme Stéphane Hessel ou Raymond Aubrac qui nous poussent dans ce sens, ça donne de l’énergie. Il me semble que la relève existe et essaie de s’organiser mais, à l’instar de Raymond Aubrac, je crois qu’il faut non seulement défendre ce programme mais aussi en écrire un nouveau, aussi ambitieux, pour les générations à venir. »

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